
Gilles Servat
Tentative incertaine de curriculum vitae. (Tout est vrai, mais est-ce dans l’ordre et aux bonnes dates ?)
Origines Familiales de Gilles Servat :
— André Servat, dit Carrache, son arrière grand-père paternel, naquit au Trein d’Ustou, en Ariège. Montreur d’ours, il partit tenter sa chance aux USA. Malheureusement, l’ours mourut pendant le voyage. Carrache revint en France et finit ses jours à Saumur.
— Gaston Servat, grand-père paternel de Gilles, fut conseiller général du canton de Vallet et adjoint au maire de Nantes. Il épousa Constance Guillou, originaire de Saint-Aignan-de-Grand-Lieu (44) par son père et Fay de Bretagne (44) par sa mère.
— Maxime Litou, grand-père maternel de Gilles, tenait une briqueterie à Sainte Reine de Bretagne, et fournissait, entre autres, les hauts-fourneaux de Trignac, près de Saint Nazaire. Il épousa Jeanne Grimaud, originaire de Pornic. Le père de Jeanne Grimaud tenait une menuiserie et faisait aussi du commerce de bois charbon. Il était en relation avec les mines galloises et les édiles de Cardiff.
— Les parents de Gilles, André Servat et Renée Litou sont nés à Nantes. Il est à noter que durant son enfance à Sainte Reine de Bretagne, Renée eut pour instituteur le père de René-Guy Cadou. Elle connut donc le poète dans sa première enfance.
Jeunesse :
Gilles Servat est né le 1er février 1945, à Tarbes où, à part ses parent et ses deux frères, il n’avait aucune famille.
Juillet 1945 retour à Nantes. Puis son père trouve du travail à Cholet où Gilles fait ses études de la maternelle jusqu’au bac obtenu en 1963.
Etudes littéraires : français, latin, grec et philosophie.
Entre en 1963 à l’école des Beaux-Arts d’Angers, pour étudier la peinture, la sculpture et la gravure. Peu à peu, confronté à la culture bourgeoise et à ses diktats plastiques, qu’il perçoit comme une entrée en servitude, Gilles sent son avenir s’assombrir. Son peintre préféré ? Paul Gauguin. Gauguin était courtier à la Bourse de Paris et roulait carrosse. Pour peindre, il abandonna richesse et spéculations pour aller en Bretagne, d’abord, puis en Polynésie, dans des pays où la tradition populaire était à cette époque la seule culture. En 1967, Gilles partira en Bretagne, sur les traces de Gauguin, pendant les vacances de la Toussaint. Il sera frappé un soir par la beauté de l’île de Groix contemplée depuis Le Pouldu.
Gilles restera aux Beaux-Arts d’Angers jusqu’en juin 1968. Il obtient le CAFAS (Certificat d’Aptitude à une Formation Artistique Supérieure). Le bouillonnement culturel et révolutionnaire de ces années le pousse à délaisser les arts plastiques et à exprimer ses idées autrement. A la rentée d’octobre 68, inscrit aux Beaux-Arts de Paris, il trouve un emploi d’auxiliaire au Service des Redevances de l’ORTF, et commence à faire des marionnettes avec Jean-Pierre Lescot. Il n’aura mis les pieds aux Beaux-Arts de Paris que le matin du jour de la rentrée.
Le chanteur, auteur, compositeur :
1969 : Gilles Servat débarque à l’île de Groix en avril, à l’invitation de Serj Bihan, rencontré à Angers.
Il y rencontre la poésie de langue bretonne dans « Ar en Deulin », livre bilingue, œuvre de Yann-Ber Kalloc’h, poète groisillon tué au front en 1917.
Frappé par la beauté de la langue bretonne, et révolté par le sort qui lui est promis par l’État français, il décide de l’apprendre et de la chanter. La première chanson en breton chantée par Gilles est « Me zo ganet e kreiz ar mor », paroles de Yann-Ber Kalloc’h, musique de Jeff Le Penven, devenue traditionnelle.
Cette révolte, le bonheur que lui apporte la tradition populaire, la découverte des richesses de la matière celtique et son envie de les partager resteront ses principales motivations.
Gilles commence à chanter dans un restaurant, à Groix, chez Claude Pouzoulic. Glenmor, venu donner un spectacle à Groix, l’entend chanter dans le restaurant et le fait monter sur scène le soir même, pour trois chansons.
Fêtes de la St Loup, à Guingamp, avec Serj Kerguiduff et Alan Stivell.
Chante au cabaret Le Teckel à Trégunc, avec Serj Kerguiduff, en première partie de Léo Ferré.
À l ‘automne, Gilles revient à Paris faire la manche dans un autre restaurant, le Ti Jos, à Montparnasse. Il y restera jusqu’en 1971. C’est là qu’il chantera pour la première fois, au printemps 1970, La Blanche Hermine.
Les années 70
Dans la liste qui suit, ne sont soulignés que les enregistrements comportant des chansons nouvelles.
1970. Participe aux dernières Fêtes des Cornemuses à Brest.
Premiers spectacles au Bateau-Lavoir, à Nantes, cabaret tenu par Padrig Le Masson, fils du poète de langue bretonne Roparzh er Masson.
1971 : Les éditions Kelenn fondées par Glenmor, Alain Guel et Xavier Graal s’agrandissent pour devenir une société d’édition et de production.
Enregistrement d’un 45 tours Gilles Servat (Kelenn).
Participe aux premières Fêtes de Cornemuses à Lorient, qui deviendront le Festival Interceltique. Gilles est en première partie des Dubliners.
Avec les bénéfices du 45 tours, il part à Dublin enregistrer un 33 tours, « La Blanche Hermine », qui fera disque d’or.
Première Fête de l’Huma. Gilles s’installe à Nantes.
Les disques s’enchaînent et les tournées en France, en Belgique et en Allemagne.
1972 : 33 tours La Blanche Hermine (Kelenn)
Participe à de plusieurs galas de soutien pour les ouvriers du Joint Français, dont un à Quimper avec Claude Nougaro.
Participe au film de Gérard Guérin « Lo Païs », dans lequel il tient son propre rôle.
Rencontre avec les Tri Yann. Il en résultera un collaboration épisodique. Gilles écrira pour eux, sur leurs musiques, des textes de chansons, en particulier pour leur album « Le Vaisseau de pierre ».
1973 : 33 tours Ki Du (Kelenn).
En juin, à l’instigation de Yann-Ber Piriou, Gilles va faire les foins dans la ferme de la poétesse de langue bretonne Anjela Duval. Il compose sa première chanson en breton, « Traon an Dour ».
Gilles Servat joue aussi le premier rôle dans le film de René Vautier « La Folle de Toujane ou comment on devient un ennemi de l’intérieur» qui reçoit le Prix des Peuples.
Premier Olympia à Paris.
1974 : 33 tours L’Hirondelle. (Kalondour)
Participe au Festival anti-impérialiste à Dublin.
Participe à l’enregistrement public d’un 33 tours « Veillée à l’auberge de Kloz en Douet » dans le cabaret de Lucien Gourong.
1975 : 33 tours La Liberté Brille dans la Nuit (Kalondour).
1976 : 33 tours Le Pouvoir des Mots (Kalondour).
« Gilles Servat », par Guy Millières, collection « Chansons d’aujourd’hui » (Seghers)
Participe au 33 tours de Skoazell Vreizh en soutien aux prisonniers politiques bretons.
Participe au 33 tours « Chansons politiques d’aujourd’hui » (l’Escargot)
1977 : 33 tours Chantez la Vie l’Amour et la Mort (Kalondour).
1978 : 33 tours L’Or et le Cuivre (Kalondour).
Publication du livre « Mise à mort des cultures populaires » en collaboration avec Guy Millières (Editions Syros)
1979 : 33 tours Hommage à René-Guy Cadou (Kalondour), consacré à la mise en musique de poèmes de René-Guy Cadou, mort en 1951, dont le père fut l’instituteur de la mère de Gilles Servat, à Sainte Reine de Bretagne.
Participe à Bruxelles à la Contr’Eurovision et au double 33 tours qui en est tiré.
1981 : 33 tours En Public (Kalondour), spectacle enregistré au théâtre de Boulogne Billancourt.
45 tours Gros-Plant et Muscadet (Kalondour), chanson écrite pour le spectacle « Nantes Chante » avec Hélène et Jean-François et Les Tri Yann.
1982 : 33 tours Je ne hurlerai pas avec les loups (Kalondour).
Ce disque, inspiré par la lutte de Solidarnosc en Pologne, marque une rupture avec des années très militantes ponctuées par la fin de la guerre du Viet Nam et le génocide Khmer. Gilles Servat y exprime son refus de la violence et de l’embrigadement. « À l’ouest les cons d’or, à l’est les cons d’acier, au milieu les pauvres cons. Choisis ton con, camarade ! »
Chanteur, auteur, compositeur, acteur et écrivain.
Les années 80
Marquées par la victoire de la gauche en France, vont être des années de recherches différentes. Gilles Servat retourne aux petites scènes, en solitaire ou avec une formation réduite, cherchant avec le public le contact des ses débuts. Il fait aussi du théâtre avec la troupe de la Chimère, à Hennebont, près de Lorient, jouant le rôle du roi Arthur dans « Les Chevaliers de le Table Ronde » de Jean Cocteau et celui du garde dans « Antigone » de Jean Anouilh. Mise en scène de Michel Écoffard.
1985 : 33 tours La Douleur d’Aimer (Production Gilles Servat) enregistré en public dans la salle du Théâtre de la Chimère.
1986 Sortie du premier roman « La Naissance d’Arcturus » aux éditions Kornog à Morlaix.
Un Olympia à Paris, mis en scène par Michel Écoffard, avec la participation de Roger Gicquel.
1988 33 tours et CD Mad in Sérénité (Produit par Gilles Servat, distribué par le Petit Véhicule à Nantes, puis par Coop Breizh). Cet enregistrement obtient le grand prix Paul Gilson de l’Académie Charles Cros et le prix du Conseil régional de Bretagne. Dans ce CD, Gilles chante un poème de Roparzh er Masson (E Kervoyal) qu’il a mis en musique.
Participe au spectacle son et lumière « Rochambeau » organisé à Vendôme par les Lions d’Azur, en mettant en musique et en chantant les textes de René Bruneau. Un disque est publié à cette occasion : Rochambeau 88
1989 CD Le Fleuve. Ce disque concept donnera lieu à un spectacle mis en scène par Alain Mollot avec la participation de l’Orchestre symphonique de Bretagne. Création au Carré Magique à Lannion.
« Regard sur Gilles Servat » par Christian Renaud (photographies)
« Connemara » Editions Apogée Photographies de Didier Houeix, texte de Gilles Servat.
Les années 1990
C’est à cette période que les harpistes Pol et Hervé Quefféléant, connus sous le nom de An Triskell, et Gilles Servat décident de travailler ensemble et préparent la sortie de « L’Albatros Fou ». Cet album donnera aussi lieu à un spectacle qui sera présenté dans tous les grands festivals bretons et tournera au Pays de Galles et en Ecosse.
Parallèlement, pendant deux ans, Gilles suit à l’université de Rennes des cours d’irlandais ancien avec Monsieur Guyonvarc’h.
1991 CD L’Albatros Fou
1992CD Les Albums de la Jeunesse
Gilles part chanter à Tahiti et à Raiatea, à l’invitation des Bretons de Tahiti. Il y fait des galas pour qu’une pirogue de lagon restaurée puisse être envoyée au rassemblement des voiliers de Brest 92. Elle sera présente, comme il pourra le constater en alla chanter à ce rassemblement pendant le lancement de La Recouvrance.
1993 Cette année-là, lors des Fêtes de Cornouaille, à Quimper, commence l’aventure de l’Héritage des Celtes, avec Dan ar Braz. L’occasion de rencontrer des musiciens légendaires tels que Donal Lunny, Eoghan O’Neill ou Carlos Nuñez et des chanteuses exceptionnelles comme l’Ecossaise Karen Matheson, de Capercaillie, ou la Galloise Helen Morgan.
C’est aussi la réédition de « La Naissance d’Arcturus » sous le titre « Skinn Mac Dana » par les éditions l’Atalante, à Nantes. Pour écrire la suite de son roman, Gilles se rend régulièrement dans le Connemara.
Participe au CD d’Alan Stivell Again.
1994CD A-raok Mont Kuit. (Avant de partir)
Alors qu’il est dans le Connemara, Gilles part à Dublin enregistrer une chanson sur le premier CD de l’Héritage des Celtes. Il fait la connaissance de Brian Masterson et de son studio mythique : Windmill Lane Studio. Par une étrange coïncidence, le morceau qu’il enregistre, qui va marquer le départ d’une nouvelle aventure, est « Me zo ganet e kreiz ar mor », la première chanson en breton apprise par Gilles, à Groix.
En Juillet, aux Fêtes de Cornouaille, à Quimper, Gilles est maître d’œuvre dans le spectacle donné en l’honneur de Pierre-Jakez Hélias pour fêter ses 80 ans.
1995 Rencontre avec le bagad Roñsed Mor de Locoal-Mendon lors d’un spectacle donné pour la classe bilingue dont Gilles est le parrain.
Participe au CD l’Héritage des Celtes en concert
1996CD Sur les Quais de Dublin. Enregistré à Windmill Lane Studio. La production artistique est de Donal Lunny. A noter la participation de Ronnie Drew, des Dubliners. S’ensuit un Olympia à Paris.
La même année paraît le second roman : « La Navigation de Myrdhinn » (L’Atalante). C’est le début des « Chroniques d’Arcturus »
Gilles s’installe à Locoal-Mendon.
1997 Participe au CD l’Héritage des Celtes Finisterres.
Rencontre avec Nicolas Quémener, guitariste et chanteur, qui l’accompagnera désormais sur scène.
1998CD Touche pas à la Blanche Hermine, enregistré en public à Auray. Une réponse au Front National, qui entonnait sa chanson dans ses réunions, donne le titre au CD. Gilles Servat lui signale entre autre que l’hermine est peut-être blanche mais qu’elle a la queue noire ! Spectacle donné à l’Olympia à Paris.
Participe au CD l’Héritage des Celtes au Zénith.
1999 Participe au CD Bretagnes à Bercy, enregistré en public au palais des sports de Paris, avec Armens, Stivell, Tri Yann et Dan ar Bras.
Sortie du troisième roman « Arcturus ».
Participe au disque « Millenium » produit par Donal Lunny.
Participe aussi au disque « Identités » de Idir, avec une adaptation en breton de Awah Awah (A walc’h, A walc’h).
2000 CD Comme je voudrai ! enregistré à Windmill Lane. Le titre est celui d’une chanson dont Nicolas Quémener à composé la musique et Gilles Servat écrit les paroles. S’ensuit un Olympia à Paris.
2001 Spectacle de clôture des Vieilles Charrues à Carhaix, avec pyrotechnie. Sortie du quatrième roman « Les Ssahanis » (L’Atalante).
2002 Participe à la Nuit Celtique au Stade de France.
Participe au CD de Carlos Nuñez « Un Galicien en Bretagne ».
2003CD Escales, compilation des trois précédents CDs.
Parution du cinquième roman « Le dixième jour du Branvode » (L’Atalante).
Va à Vigo invité par Carlos Nuñez pour un gala contre la marée noire du « Prestige ».
Participe au CD de Carlos Nuñez Un Galicien en Bretagne
2004 Festival Interceltique avec le Bagad de Locoal Mendon.
2005 CD Sous le ciel de cuivre et d’eau
2006 CD Je vous emporte dans mon cœur (35 ans-35 titres), enregistré en public pendant les spectacles de l’été. 35 chansons choisies par le public.
Gilles chante pour la huitième fois à l’Olympia, lors de la sortie du CD, avec le Bagad Roñsed Mor et la Chorale du Bout du monde.
« Gilles Servat, portrait », par Erwan Cartier (Coop Breizh)
Chanteur, auteur, compositeur, acteur, écrivain et conteur.
2007 Sortie du sixième roman : « La lance de Lughern » (L’Atalante).
Gilles commence à donner en spectacle « L’histoire de cochon de Mac Dathó », un conte irlandais ancien qu’il a traduit et adapté pour un public d’aujourd’hui.
Création de « Pain perdu » au Trousse Chemise, à Langan. Dans ce cabaret qu’il fréquente chaque année en décembre, Gilles décide de monter tous les ans un spectacle original qu’il ne donnera que là. Le premier est consacré à des chansons qui n’ont pas été choisies par le public pour « Je vous emporte dans mon cœur ».
2008 Participe à La Fête de l’Huma pour la quatrième fois.
« Pain Frais » (chansons nouvelles) au Trousse Chemise.
2009 Festival du conte à Baden.
Participe au Festival du conte des Îles de la Madeleine, en Acadie québecoise.
Donne « Je suis un Ours », un nouveau conte écrit par lui en ouverture des Utopiales, à Nantes.
« Pain Noir » (chansons anarchistes) au Trousse Chemise.
2010 Chante au Festival Interceltique pour la dix-septième fois (peut-être plus ?).
« Pain Béni » au Trousse Chemise.
Participe au CD des Ramoneurs de Menhir Amzer an dispac’h pour une reprise musclée de « la Blanche Hermine »
2011 CD Ailes et îles, vingt-quatrième enregistrement de chansons nouvelles. Enregistré dans le studio des Tri Yann. Gilles redevient devient producteur.
Participe au festival de Cornouaille et aux Filets Bleus à Concarneau.
2012 Création de l’Entreprise Individuelle « Gilles Servat Production »